La carte grise d'un camping-car est un certificat d'immatriculation portant la mention VASP, qui atteste de l'homologation du véhicule. Après un achat d'occasion, la demande de changement de titulaire se dépose sur le service en ligne de France Titres, et l'acheteur a un mois pour faire établir le titre à son nom.
Ce qu'il faut retenir
- Un camping-car sorti d'usine porte le genre VASP et la carrosserie CARAVANE. Un van ou un fourgon aménagé par son propriétaire reste une camionnette tant qu'il n'a pas été homologué.
- Le vendeur déclare la vente sur le site officiel et remet un code de cession ; sans ce code, la demande de l'acheteur ne peut pas aboutir.
- Le prix se calcule sur la puissance administrative inscrite en case P.6 et sur le tarif du cheval fiscal voté par la région, qui change d'une année à l'autre. Le simulateur officiel donne la somme exacte.
- Le certificat provisoire est délivré dès la validation du dossier et autorise à rouler un mois ; la carte grise définitive arrive ensuite par courrier suivi.
Ce que la carte grise d'un camping-car dit vraiment
Le certificat d'immatriculation n'est pas un titre de propriété : c'est une pièce administrative qui rattache un véhicule identifié à une personne autorisée à le faire circuler. Sur un véhicule de loisirs, il porte en plus des informations techniques qui commandent le permis exigé, la charge que l'on peut emporter et le nombre de personnes que l'on peut transporter.
Les repères sont normalisés au niveau européen, si bien qu'un document allemand ou belge se lit de la même manière. La case A porte le numéro d'immatriculation, la case B la date de première mise en circulation, la case E le numéro d'identification gravé sur le châssis. Ce dernier doit correspondre au marquage du véhicule : une discordance interdit l'enregistrement de la demande et signale un problème sérieux.
Les cases qui changent tout à l'achat d'occasion
Quatre lignes méritent une lecture attentive sur un véhicule de loisirs. La case F.2 donne la masse maximale autorisée en charge : c'est elle qui décide du permis nécessaire selon le PTAC, la limite de 3,5 tonnes séparant les véhicules légers du régime des poids lourds. La case G.1 donne le poids à vide, et la différence entre les deux est la charge utile réelle, souvent bien inférieure à ce que l'acheteur imagine une fois le plein d'eau fait et les deux bouteilles de gaz embarquées.
La case S.1 indique le nombre de places assises homologuées. Elle ne dit rien du nombre de couchages, et l'écart entre les deux est fréquent : un modèle qui couche six personnes peut n'en transporter que quatre en règle. La case P.6, enfin, porte la puissance administrative exprimée en chevaux fiscaux, qui servira au calcul du montant à payer.
VASP et CARAVANE, une mention qui vaut homologation
Un camping-car construit en usine sort avec le genre national VASP, pour véhicule automoteur spécialisé, et la carrosserie CARAVANE. Cette double mention prouve que la cellule d'habitation a été réceptionnée avec le porteur et que l'ensemble répond aux exigences applicables à cette catégorie. Elle conditionne l'assurance, l'accès à certains campings et la revente. Un véhicule destiné à la location, professionnelle ou entre particuliers, doit lui aussi la porter : une plateforme de location refuse un fourgon immatriculé en camionnette, et l'assureur oppose la même exigence.
Un fourgon transformé par son propriétaire, lui, conserve le genre CTTE de la camionnette d'origine tant qu'une procédure d'homologation n'a pas été menée. Il se vend parfois comme un camping-car alors que sa carte grise ne le reconnaît pas comme tel.
Ce que le vendeur prépare avant la remise des clés
Le vendeur a trois obligations, et l'acheteur a intérêt à vérifier les trois sur place. Il remplit d'abord la déclaration de cession, parfois appelée certificat de cession, formulaire Cerfa 15776, en deux exemplaires signés par les deux parties. Il barre ensuite l'ancienne carte grise, y porte la mention de cession, la date et l'heure, et la signe avant de la remettre.
Il déclare enfin la vente en ligne, ce qui le dégage de toute responsabilité pour les infractions commises ensuite et déclenche la remise d'un code de cession. Ce code, valable quinze jours, est la clé de toute la suite : sans lui, la demande du nouveau titulaire ne peut pas aboutir,.
S'ajoute le procès-verbal du contrôle technique de moins de six mois dès lors que le véhicule a plus de quatre ans et qu'il est cédé à un particulier. Un professionnel, dans le cadre d'un dépôt-vente, réunit ces pièces pour le compte du propriétaire et vérifie leur cohérence avant la mise en vente.
Les pièces que réunit l'acheteur
Le dossier tient en cinq documents. La demande proprement dite, formulaire Cerfa 13750, un justificatif de domicile de moins de six mois à l'adresse où la carte grise sera envoyée, une pièce d'identité en cours de validité, l'attestation d'assurance du véhicule et le permis de conduire correspondant à la catégorie acquise.
À ce dossier s'ajoutent les éléments venus du vendeur : l'exemplaire de la déclaration de cession, l'ancienne carte grise barrée et datée, le code de cession et, le cas échéant, le procès-verbal du contrôle. Les pièces se scannent et se déposent au format numérique, ce qui suppose des images lisibles et complètes, coins compris ; un justificatif tronqué est le premier motif de rejet d'un dossier.
Le mandat Cerfa 13757 n'est nécessaire que si un tiers effectue la démarche à la place du titulaire, ce qui est le cas lorsqu'on passe par un garage ou par une agence agréée.
Faire la demande en ligne, étape par étape
Depuis 2017, les guichets de préfecture ne traitent plus les dossiers d'immatriculation : tout passe par le site de l'Agence nationale des titres sécurisés, l'ANTS, désormais appelée France Titres. La connexion s'effectue avec un compte dédié ou via le dispositif FranceConnect, qui vérifie l'identité du demandeur et évite de créer un identifiant supplémentaire.
On sélectionne ensuite la démarche correspondant à l'achat d'un véhicule d'occasion, on saisit le numéro d'immatriculation et le code de cession, puis on téléverse les pièces. Le montant est calculé automatiquement et réglé par carte bancaire. La validation ouvre un numéro de dossier qu'il faut conserver pour suivre l'avancement.
Ceux qui préfèrent ne pas s'en occuper s'adressent à un professionnel habilité au système d'immatriculation des véhicules, garage ou agence, qui facture ce service en plus des taxes. Cette voie reste facultative : la demande déposée directement ne coûte que la somme due au Trésor public.
Combien coûte la carte grise d'un camping-car
Le prix réclamé n'en est pas un : c'est un ensemble de taxes, détaillées sur la carte grise elle-même dans les cases Y.1 à Y.6. La ligne principale est la taxe régionale, égale au nombre de chevaux fiscaux multiplié par le tarif unitaire voté par le conseil régional. Ce tarif étant révisé d'une année sur l'autre et différent selon les régions, aucun montant écrit ici ne resterait exact longtemps.
Le simulateur mis à disposition par l'administration donne la somme exacte à partir du numéro d'immatriculation et de l'adresse du futur titulaire.
Comment se calcule la puissance fiscale d'un véhicule de loisirs
La puissance administrative figure en case P.6 et se lit directement : elle n'a pas à être recalculée par l'acheteur. Établie à partir de la cylindrée, de la puissance réelle et des émissions selon la formule en vigueur à la date de réception du modèle, elle explique qu'un porteur utilitaire de forte cylindrée affiche souvent huit à douze chevaux, là où une citadine en affiche quatre ou cinq.
Deux véhicules apparemment jumeaux peuvent différer d'un cheval parce qu'ils ont été réceptionnés à des années différentes, la méthode de calcul ayant évolué. La valeur inscrite sur la carte grise prime sur toute estimation.
Ce qui allège la note, et ce qui ne s'applique pas
L'ancienneté joue en faveur de l'acheteur : au-delà d'un certain âge, la taxe régionale bénéficie d'une réduction de moitié, un abattement qui concerne une bonne partie du parc d'occasion. Les régions votent par ailleurs des exonérations propres, notamment pour les motorisations alternatives, et elles ne sont pas identiques d'un territoire à l'autre.
Un point mérite d'être connu des acquéreurs : le malus lié aux émissions de dioxyde de carbone frappe les voitures particulières, et un véhicule homologué en VASP n'entre pas dans son champ. Une motorisation puissante n'y déclenche donc pas la surtaxe qui s'appliquerait à une berline comparable. S'ajoutent enfin une redevance forfaitaire d'acheminement du titre, en case Y.5, et selon les cas une taxe destinée à la formation professionnelle dans les transports.
Les délais réels, du provisoire au définitif
Un dossier complet et payé donne accès immédiatement au certificat provisoire d'immatriculation, un document téléchargeable qui autorise à circuler pendant un mois sur le territoire national. Il faut l'imprimer et le conserver à bord : c'est lui qui sera présenté en cas de contrôle tant que le titre définitif n'est pas arrivé.
La carte grise définitive est ensuite fabriquée par l'Imprimerie nationale et acheminée par courrier suivi, en général sous quelques jours ouvrés. Ce délai s'allonge lorsqu'une pièce est illisible ou qu'une information ne concorde pas : le dossier est alors mis en attente et un message le signale dans l'espace personnel.
Le certificat provisoire ouvre le droit de circuler, pas celui de se dispenser d'assurance : le véhicule doit être couvert dès la remise des clés, indépendamment de l'avancement du dossier. Rouler avec un provisoire mais sans assurance reste une infraction, et la confusion entre les deux est fréquente.
Fourgon aménagé : l'homologation précède l'immatriculation
Transformer un utilitaire ou un van en véhicule habitable ne change rien à sa carte grise tant qu'une réception n'a pas été prononcée. Pour obtenir le genre VASP, le propriétaire présente son véhicule à la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, la DREAL, ou passe par un organisme agréé qui conduit la procédure à sa place.
La DREAL examine des exigences précises portant sur l'aménagement intérieur : couchage fixe, table, assises, installation de cuisine, rangements, ainsi que la conformité des équipements de gaz et d'électricité. Ce type de dossier suppose des photographies, les factures des équipements posés et une description des travaux menés.
Une fois la réception prononcée par la DREAL, une nouvelle carte grise est établie avec la mention attendue, et le véhicule peut être assuré puis revendu comme un véhicule de loisirs. L'ordre des opérations compte : on homologue, puis on fait immatriculer.
Acheter à l'étranger : le quitus fiscal avant tout le reste
Un véhicule acquis dans un autre État de l'Union demande deux pièces supplémentaires. Le quitus fiscal, délivré par le service des impôts du domicile, atteste que la taxe sur la valeur ajoutée a été réglée dans les règles, le droit d'imposition revenant au pays de destination. Le certificat de conformité européen, remis par le constructeur, décrit la catégorie et les caractéristiques techniques reconnues à l'échelle de l'Union. Sans ces deux documents, aucun enregistrement n'est possible en France.
Le quitus s'obtient sur présentation de la facture et du document d'immatriculation d'origine ; pour un véhicule venu d'un pays tiers, s'y ajoute le dédouanement. Une immatriculation provisoire en WW permet de circuler le temps de réunir les pièces. La proximité de la frontière belge rend ce cas courant dans notre région, et le certificat de conformité en est presque toujours le point de blocage : son obtention auprès du constructeur se compte en semaines et se facture.
La remorque tractée possède son propre titre
Une remorque dont le poids total autorisé dépasse 750 kilogrammes possède sa propre carte grise et sa propre plaque. En dessous de ce seuil, elle reprend le numéro du véhicule tracteur et n'exige aucune formalité particulière, quelles que soient ses caractéristiques techniques. Les porte-motos et les remorques bagagères à deux roues attelés derrière un camping-car franchissent souvent cette limite, et ce type d'équipement doit alors être déclaré comme un véhicule à part entière.
La somme des masses du camping-car et de la remorque doit par ailleurs rester dans la limite inscrite en case F.3, qui donne le poids maximal autorisé pour l'ensemble. Un porteur de 3,5 tonnes attelé à une remorque de 750 kilogrammes forme un attelage de 4,25 tonnes, et au-delà de ce poids de remorque la catégorie de permis exigée change. Ce chiffre est distinct du PTAC de la case F.2 et se vérifie avant tout achat de ce type de matériel : un dispositif homologué ne rend pas légal un ensemble qui dépasse son propre plafond.
Modifier une caractéristique après coup
Trois modifications reviennent régulièrement sur les véhicules de loisirs. Le changement du nombre de places assises, lorsqu'on ajoute ou retire une banquette équipée de ceintures, suppose une réception à titre isolé conduite par la DREAL avant toute mise à jour du document. La modification du poids autorisé, pratiquée pour rester sous la limite du permis B, relève de la même logique et ne se décrète pas.
Le passage en collection, enfin, est ouvert aux véhicules de plus de trente ans dont le modèle n'est plus produit, sur attestation de la Fédération française des véhicules d'époque. Il modifie les règles de contrôle périodique et certaines conditions de circulation, des droits qui se paient par des contraintes : ce statut se choisit en connaissance de cause.
Dans tous ces cas, la demande de mise à jour passe par le même service en ligne, avec les justificatifs propres à la transformation réalisée. Nos conseils et démarches regroupent les autres formalités qui accompagnent la vie d'un véhicule de loisirs.
Ce que les acheteurs demandent le plus souvent
La mention VASP est-elle obligatoire sur un camping-car ?
Elle est la conséquence de l'homologation, pas une option : un véhicule réceptionné comme véhicule automoteur spécialisé la porte, un fourgon aménagé sans réception ne la porte pas et reste immatriculé en camionnette.
Combien de temps ai-je pour faire établir la carte grise à mon nom ?
Un mois à compter de la date de cession. Passé ce délai, le titulaire s'expose à une amende, et le certificat provisoire ne couvre pas au-delà de sa propre durée de validité.
Puis-je circuler avec l'ancienne carte grise barrée ?
Non. La carte grise barrée prouve la vente, elle n'autorise pas à rouler. Seul le certificat provisoire délivré une fois la demande validée permet de circuler en attendant le titre définitif.
Le vendeur a oublié de me donner le code de cession, que faire ?
Il faut le lui demander : lui seul peut le générer en déclarant la vente depuis son espace. Aucune démarche de l'acheteur ne remplace cette étape.
Le prix est-il le même dans toutes les régions ?
Non, le tarif du cheval fiscal est voté par chaque conseil régional et l'écart entre territoires est réel. Le calcul se fait sur l'adresse du nouveau titulaire, pas sur celle du vendeur.
Que se passe-t-il si le numéro d'identification ne correspond pas ?
La demande est refusée. Une discordance entre la carte grise et le marquage du châssis doit conduire à suspendre l'achat tant que son origine n'est pas éclaircie.
Où vérifier l'information officielle
Ce site est indépendant et n'a aucun lien avec l'administration ni avec France Titres. Il ne traite aucune formalité d'immatriculation et ne recueille aucune pièce à ce titre. Les règles évoluent, en particulier les tarifs votés chaque année par les régions : les deux références qui font foi sont la fiche officielle sur le certificat d'immatriculation et le service en ligne de l'Agence nationale des titres sécurisés, qui porte le simulateur de calcul.
Notre rôle s'arrête où commence celui de l'administration : nous préparons les dossiers des véhicules que nous vendons et nous vérifions, avant chaque transaction, que les documents concordent avec le véhicule présenté. Nos camping-cars d'occasion sont proposés avec l'ensemble des pièces à jour.










